Articles·Lettres

Lettre #1 : Lettre à la France.

« Il m’a fallu partir pour ressentir le manque de toi. »

Ma chère France,

Je t’aime, mais je te quitte. C’est par ces mots que j’ai envie de commencer cette première lettre. Parce qu’en dépit du côté hyper cliché de cette phrase, je ne trouve rien de plus vrai pour exprimer ce que je ressens.

Tu m’as vu naître, tu m’as vu grandir, tu me verras peut être vieillir aussi. J’ai tant de bons souvenirs à tes côtés, 99% de ma vie à vrai dire. Pendant très longtemps j’ai ignoré qui tu étais vraiment, je me suis contenté de ce que je connaissais déjà de toi sans essayer d’approfondir notre relation. Je t’ai considéré comme acquise, puisque je ne connaissais que toi. Et puis, avec le temps et l’habitude, tu as presque fini par me dégoûter. Vingt-cinq ans à ne connaître qu’une infime partie de ce que tu es, n’importe qui s’en serait lassé aussi non ? Il a fallu attendre 2017  pour que je commence à creuser, un peu. J’ai découvert que tu ne te résumais pas à Paris, sa tour Eiffel, ses rues bondées et ses métros dégueulasses. J’ai trouvé en toi une facette que je ne soupçonnais pas. Peut-être pour la première fois de ma vie, je t’ai trouvé jolie.

Malgré ça, l’envie d’ailleurs était toujours présente. Oui, la flamme s’était rallumée, mais pour un temps seulement. Depuis quelques mois je vois beaucoup de tes enfants se mettre en colère. C’est comme s’ils se rendaient compte tous en même temps que tu n’es pas parfaite. Ça non, tu ne l’es pas. Et pourtant tu continues d’attirer les touristes du monde entier. Parce que tu es si complexe, si mystérieuse. C’est ce côté là de toi qui m’a poussé, avant de t’être infidèle, à prendre la décision de te découvrir à fond, d’explorer chacune de tes régions ou presque. Aujourd’hui on peut dire que je te connais bien, probablement mieux que la plupart de tes enfants qui, avouons-le, t’ignorent ou te méprisent trop souvent. Sauf quand tu te brûles accidentellement bien sûr, alors là oui, tout le monde se sent préoccupé.

Je n’ai pas la prétention de t’aimer plus qu’un autre, bien au contraire. Je t’ai détesté aussi, il m’est même arrivé de penser que tu ne me méritais pas. Notre histoire est si complexe, si mouvementée, que t’aimer à la folie ne sera peut-être jamais possible. Et pourtant, il n’y a qu’auprès toi que je me sens chez moi, tu me rassures et continues de m’émerveiller, envers et contre tout. Oui, tu me mets en colère parfois, comme quand tu laisses tes enfants s’auto-détruire, se battre entre eux ou pire encore, s’ignorer les uns les autres. Mais tu as aussi tant de belles choses à offrir à qui veut bien prendre la peine de te regarder vraiment. En comparaison avec certains de tes voisins, tu n’es vraiment pas la pire. Il m’a fallu du temps pour le réaliser. Il m’a fallu partir pour ressentir le manque de toi.

Ma chère France, je t’aime mais je te quitte. Mais parce que tu es toi, parce que tu n’en finiras jamais de me plaire telle que tu es, avec tes défauts et tes qualités, je reviendrai toujours vers toi.

Bien à toi,

Ben

Un commentaire sur “Lettre #1 : Lettre à la France.

  1. C’est magnifique et puissant, je suis objective, vraiment. Tu as su nous décrire parfaitement ce que beaucoup d’entre nous pensent sans jamais pouvoir l’exprimer. Notre France, on l’aime, on la déteste, mais jamais on ne l’oublie.
    BRAVO 👏 vraiment.

    Aimé par 1 personne

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