Etat d'esprit

De la nécessité d’aimer.

« Si tu essayes, tu perdras peut-être. Si tu abandonnes, tu as déjà perdu. »

Il y a quelques jours, j’ai fait la connaissance de Léo, un jeune Allemand qui avait généreusement accepté de m’heberger via Couchsurfing. Je trouvais son profil sur l’appli intéressant, ça me donnait envie de le connaître. Mais il y a une phrase en particulier qui avait retenu mon attention :

« Ma philosophie : ne t’attache à rien ni personne. »

J’avais envie de le rencontrer pour en savoir plus. Dans les premiers temps, je n’ai pas osé lui en parler, c’était un sujet particulièrement intime et même s’il avait lui-même l’habitude de percer la bulle personnelle des gens via son blog LeoDreams dans lequel il expose les rêves de ceux qu’il rencontre, je ne me voyais pas lui demander aussi rapidement des détails sur sa façon de penser si singulière. Et puis, un matin (à 14h00…), alors qu’on buvait notre deuxième tasse de café extra fort pour tenter de nous remettre de la soirée arrosée de la veille, je lui ai posé la question.

« Dis Léo, pourquoi est-ce que tu penses qu’il ne faut pas s’attacher, toi qui mets pourtant les relations sociales au coeur de ta vie ?

Sa réponse, bien que prévisible, n’en restait pas moins troublante. Comme beaucoup avant lui, il s’était attaché et en avait souffert. C’est une histoire vieille comme le monde, nombreux sont ceux qui en ont fait l’expérience.

J’ai toujours eu du mal avec cette façon qu’ont certains de se plaindre d’un chagrin d’amour, en particulier lorsque la personne en question est encore jeune et « au début » de sa vie sentimentale. À chaque fois, ça me rappelle cette fille un peu cruche du lycée qui n’avait de cesse de répéter « T’façon les mecs c’est tous les mêmes, j’ferai plus jamais confiance, l’amour c’est d’la merde, et blablabla… ». C’est l’image qui m’est venue instinctivement, quand bien même Léo et cette fille n’avaient absolument rien en commun. S’en est suivie une longue discussion durant laquelle il m’a expliqué avoir été un coeur d’artichaut dans le passé, s’être pris quelques gamelles amoureuses, ce qui l’a amené à adopter cette philosophie dans le but de se protéger. Je lui ai alors exposé mon point de vue et il me semble important de le partager maintenant avec toi.

Ma façon de penser à ce sujet est totalement opposée à celle de Léo : Attache-toi à tout le monde, autant que possible. Je pense qu’il est nécessaire de rappeler que l’être humain est un animal social. Je te passe les détails techniques mais en gros, lorsque l’on voit quelqu’un rire, pleurer, s’émouvoir, notre cerveau fait en sorte de nous faire ressentir de la joie, de la peine, de la compassion, en adéquation avec le sentiment de la personne en question. Ca s’appelle de l’empathie et c’est tout simplement ce qui nous rend humain. Cette empathie renforce notre sentiment d’appartenance et nous rapproche les uns des autres. Ce qui nous amène à l’attachement.

S’attacher est un réflexe humain. Essayer d’aller à l’encontre de ce sentiment n’a pas de sens selon moi. Certes, se préserver de la douleur est également un réflexe humain, mais s’empêcher de s’attacher pour éviter toute souffrance, c’est bien trop radical ! C’est comme ne pas vouloir toucher à un panier de fruit de peur que l’un d’entre eux ne soit pourri. C’est comme arrêter de suivre une série parce que le dernier épisode nous a déçu. C’est comme refuser de retourner à la plage après une piqûre de méduse. J’ai encore tout un tas de comparaisons foireuses mais je pense que tu as compris ou je veux en venir. Si tu essayes, tu perdras peut-être. Si tu abandonnes, tu as déjà perdu.

Alors oui, moi aussi il m’est arrivé d’être déçu, blessé ou trahi, encore très récemment. Mais parce que les rencontres sont un élément essentiel à mon bonheur, j’ai décidé de toujours faire confiance. Je prends le risque de me tromper mais dans le même temps, je saisis ma chance d’être heureux. Et jusqu’à maintenant, je ne l’ai jamais regretté. Ca m’a valu quelques désillusions, mais également tellement de joie ! Les sourires que j’ai donné et reçu valent bien les quelques larmes que j’ai pu verser. Et puis le côté inconditionnel de cet attachement rend les relations tellement authentiques, tellement belles. Je ne pourrai pas m’en passer.

En conclusion, la souffrance fait partie de la vie, tu ne peux pas l’éviter. Il ne peut pas y avoir de joie s’il n’y pas de peine. Alors ouvre toi aux nouvelles rencontres et vis à fond tes relations. L’amour ne se divise pas lorsqu’on le partage, il se multiplie. Fais confiance, attache toi, aime ! Et fais des câlins, c’est bien les câlins. Et puis, quitte à souffrir d’avoir aimé, autant aimer le plus possible non ? 🙂

Ben

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