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Récit de voyage #1 : l’Allemagne

Voila, je me pose enfin pour écrire mon premier récit de voyage sur l’Allemagne ! Ça me met un peu la pression parce que j’ignore encore totalement ce que je vais bien pouvoir raconter qui pourrait un tant soit peu t’intéresser ! Parce que oui, les blogs voyage sont légion sur internet et nombreux sont ceux qui font ça bien mieux que moi. De plus, étant adepte du voyage alternatif, tu ne trouveras ici aucun article au titre racoleur commençant par « bons plans pour… » ou bien « 10 choses à faire à… », ce ne sont pas les choses que j’ai envie de partager avec toi ! Non, moi, ce que je veux te raconter ce sont les rencontres que j’ai faite, les petites choses qui me sont arrivées, les grandes joies et les petites galères que j’ai vécu durant mon voyage. Du racontage de vie en bonne et due forme ! Cet article (et les récits de voyage qui suivront) ne s’adressera donc pas à ceux qui cherchent des conseils pratiques pour voyager, mais plus à ceux qui veulent rêver un peu, ceux qui prévoient leur propre voyage dans le même esprit et veulent avoir une idée de ce qui les attend ! Voici donc mon long récit sur l’Allemagne !

L’arrivée :

Tu le sais maintenant, je ne suis pas du genre à prévoir mon voyage. Je préfère de loin laisser l’imprévu me guider. C’est pourquoi à peine une semaine avant, je n’avais absolument pas idée que l’Allemagne serait ma première destination. Je suis arrivé le 31 Mars 2019, déposé à la frontière du Vieux-Brisach par deux amies avec qui j’avais passé une semaine en Alsace. Je me souviens de ce sentiment de liberté intense que j’ai ressenti lorsque mes amies sont reparties en voiture, me laissant seul, sur le bord de la route, face à l’Inconnu. L’excitation prenait le dessus sur la peur, mais ne l’effaçait pas. Cette peur s’est manifestée en m’empêchant de faire du stop, sous forme d’excuses du genre « Naaan mais si près de la frontière je vais tomber que sur des Français qui viennent juste acheter des clopes » ou encore « Naaaan mais je vais marcher un peu, il fait beau et j’ai envie de prendre le temps de m’éloigner tranquillement de la frontière ». En réalité je n’avais pas fait de stop depuis dix jours et jamais hors de France, j’avais la trouille de replonger dans le bain, surtout dans une baignoire Allemande.

J’ai entrepris de marcher jusqu’à Fribourg-en-Brisgau, à une vingtaine de kilomètres de là, la grande ville la plus proche de la frontière. Ça aurait du me prendre environ cinq heures, sauf que j’avais commencé à marcher en milieu d’après-midi et que je prenais pas mal de pauses sur le chemin. J’ai donc décidé de m’arrêter pour la nuit dans un village du nom de St-Nikolaus, dans la banlieue de Fribourg. Il a alors fallu penser à chercher un endroit ou passer la nuit ! Mon esprit de voyageur a longtemps été éduqué par des voyageurs pour qui tout semblait facile, c’est donc bercé d’illusions que j’ai naïvement pensé à frapper aux portes des gens et leur demander dans un Anglais approximatif s’ils avaient un canapé sur lequel je pouvais passer la nuit. Tu t’en doutes… j’ai essuyé pas mal de refus. Et chaque refus entamait un peu plus mon moral. Mon optimisme et le soleil descendaient à la même allure, jusqu’à ce que je réalise que non, je ne trouverais personne pour m’accueillir ce soir-là. Je suis alors tombé sur une maison en construction qui ferait un parfait abris pour la nuit. J’y ai passé une nuit plutôt agréable en terme de confort, compte tenu du lieu, mais j’étais déprimé comme jamais je ne l’avais été depuis le début de mon voyage. Dans ma tête je remettais tout en question, j’hésitais même à rentrer, me disant que cette vie n’était peut-être pas pour moi finalement. Un moment seul avec moi-même, face à mes incertitudes, que je ne suis pas prêt d’oublier.

« Je me souviens de ce sentiment de liberté intense que j’ai ressenti lorsque mes amies sont reparties en voiture, me laissant seul, sur le bord de la route, face à l’Inconnu. »

Couchsurfing :

Le lendemain je me suis remis en route vers Fribourg-en-Brisgau, que j’ai atteint au bout de deux heures supplémentaires, après avoir traversé une forêt en pleine nuit, des scènes des pires films d’horreur de mon adolescence tournant en boucle dans ma tête. Une fois la grande ville atteinte, je me suis posé sur un banc du centre-ville pour me remettre gentiment de toutes les émotions des heures passées. Il fallait que je trouve un moyen pour m’attirer la confiance des gens afin de pouvoir dormir chez eux car il était clair que je ne pouvais pas dormir dehors en permanence. C’est alors que j’ai repensé à ces fois ou j’avais entendu parler de l’application Couchsurfing, que je ne connaissais encore que très peu. Elle était installée dans mon portable depuis quelques semaines, mais je ne m’y étais jamais vraiment intéressé. Alors j’ai ouvert l’appli, j’ai exploré un peu, me familiarisant avec le fonctionnement. Puis j’ai envoyé quelques demandes pour le soir-même, sans me douter que c’était le début d’une révolution dans ma manière de voyager. Très rapidement, j’ai été accepté par Joshua, mon tout premier hôte. Un peu avant la tombée de la nuit, je suis allé le rencontrer timidement. J’ai finalement passé trois nuits chez lui au lieu d’une comme il était convenu de base, il m’a expliqué plus en détails comment fonctionnait Couchsurfing et m’a rassuré quant à la suite de mon voyage. En repartant, j’étais serein, j’avais enfin retrouvé mon optimisme.

J’ai quitté Fribourg-en-Brisgau en levant le pouce, pour la première fois en Allemagne donc. C’est Philine, une jeune animatrice radio, qui m’a sauvé de la neige qui tombait depuis près d’une heure. Elle a également accepté de m’accueillir pour la nuit suivante et de partager avec moi une de ses journées de travail. C’est comme ça que je me suis retrouvé à assister à la matinale d’une radio Allemande. Puis j’ai repris la route vers Stuttgart où j’ai rencontré Sarah grâce à la fonction Hangout de Couchsurfing, ainsi que Marius qui m’a hébergé pour trois nuits. Grâce à lui, j’ai pu tester pour la première fois les boites Allemandes. Faire la fête m’avait cruellement manqué… Après Stuttgart, je suis allé à Francfort. J’y ai rencontré Félix et son colocataire Léo qui m’ont hébergé pour quatre nuits. Funny story : à la base j’avais envoyé une demande Couchsurfing à Hélène, une jeune Française vivant en Allemagne, mais elle ne pouvait pas m’héberger parce qu’elle était en Italie. Et, sans me connaitre, elle m’a spontanément mis en contact avec ses amis, Félix et Léo. C’est aussi ça Couchsurfing, de l’entraide entre inconnus. A Francfort, j’ai aussi eu l’occasion d’aller à un traditionnel « Weekly Couchsurfing Meeting », un rassemblement de Couchsurfeurs d’origines différentes qui se tient toutes les semaines dans un bar de la ville, on peut trouver ce genre d’événements dans plusieurs grandes villes. Ça a été l’occasion pour moi de rencontrer encore d’autres gens géniaux autour d’un verre, parmi lesquels Diego, un trentenaire avec un train de vie radicalement différent du mien mais avec qui l’échange a été d’autant plus intéressant. Et, bien sûr, j’ai encore beaucoup fait la fête avec mes hôtes Allemands qui m’ont fait découvrir à quoi pouvaient ressembler les soirées étudiantes en Allemagne.

Marius, mon hôte de Stuttgart, et trois de ses amis/colocs.

Des rencontres, encore des rencontres :

Après Francfort, j’ai rencontré Léo, dont je t’ai déjà parlé, à Cologne. J’ai passé pas moins de cinq nuits chez mon hôte (toujours plus, haha!), il m’a emmené dans une rave party, on a fait des croissants, on a nourri des chèvres, construit un tipi dans la forêt, grimpé aux arbres, mais on a surtout eu tout un tas de très longues discussions. Léo est clairement l’une des rencontres fortes de ce voyage, nous n’avions pas la même façon de penser sur certains sujets, mais nous avions une réelle connexion. On se comprenait mutuellement. On aspire tous les deux au bonheur, même s’il ne signifie pas la même chose pour nous deux. Puis j’ai rencontré Jurij à Dusseldorf, Adam à Essen, Bella à Dortmund ou encore François à Hanovre. Entre temps j’ai repassé une nuit dehors à cause d’un trajet en stop qui n’a pas abouti ! Mais mon état d’esprit n’avait déjà rien à voir avec celui que j’avais au début de mon voyage, et j’étais presque heureux de dormir dehors, sous l’orage, avec 8°C. Et puis j’ai rencontré Bérit à Brême.

Quelques jours avant cette rencontre, je partageais avec toi ma vision de l’attachement en voyage. J’avais donc le cœur ouvert, prêt à aimer, et ça n’a pas loupé. Parfois, il y a des rencontres qui sont totalement naturelles, comme évidentes. C’était comme ça avec Bérit, dès les premières minutes j’avais l’impression de déjà la connaître. En dehors du fait qu’elle était de ce genre de filles qui me fait tomber instantanément amoureux, elle était surtout de ce genre de personnes qui me rendent heureux, par leur énergie, leur simplicité et leur joie de vivre. Nous avons passé quatre jours à faire de la musique, à chanter, danser, faire des crêpes et jouer aux Jenga, le tout entrecoupé de private jokes rapidement et solidement établies. C’est ce genre de rencontres qui te fait te sentir bien, qui te fait te dire « Voila, c’est pour ça que je voyage ! ». Mais c’est également ce genre de rencontres qui te donne envie de te sédentariser à nouveau, qui te fait le cœur lourd lorsque tu reprends finalement la route. Et pourtant, j’ai choisi de continuer à l’ouvrir, ce cœur, de continuer à m’attacher, à aimer, en dépit des conséquences. Parce que ça rend les rencontres plus fortes, les souvenirs plus beaux. Et ça me donne la certitude qu’un jour, je retournerai la-bas.

L’art de se faire de nouveaux amis.

La fin de mon périple :

Après Brême et les moments merveilleux que j’y avais passé, j’avais peur que la fin de mon voyage ne me paraisse fade. Et pourtant, j’ai encore fait l’expérience de tout un tas de choses que seule une vie de voyage peut t’apporter. Je suis allé en boite pour la dernière fois à Hambourg avec Ann-Kat, je me suis fait tatouer à Berlin par Berta, dans son appartement, trente minutes après l’avoir rencontré, j’ai partagé un moment de sérénité intense avec Gwen à Dresde, je me suis fait réveiller au petit matin par le son magnifique de l’alto joué par Laura à Leipzig, et j’ai parlé d’amour, du vrai, du grand, avec Klara à Nuremberg (comme tu peux le remarquer, ma compagnie durant la fin de ce voyage était essentiellement féminine, je t’expliquerai pourquoi dans un prochain article). Pour finir, je suis retourné à Francfort afin de rencontrer Hélène, qui m’avait épargné la désagréable expérience d’une autre nuit dehors lors de mon premier passage dans la ville et qui était rentrée d’Italie depuis. J’y suis resté toute une semaine puisque, encore une fois, on s’est bien entendu dès les premières minutes.

Les toits de Francfort avec Hélène, à la fin du voyage.

En résumé, mon voyage en Allemagne a dépassé toutes mes espérances. 15 villes, 20 hôtes, 47 jours, 120 pages écrites, quelques 450 photos, 2200 kilomètres parcourus en stop, une multitude de rencontres et de souvenirs qui me resteront en tête à tout jamais. Ce voyage a été le début d’une série de voyages à venir, il m’a appris à faire confiance aux autres et à l’avenir. Je sais que je suis toujours au bon endroit au bon moment et il me tarde de repartir. Il me reste encore tellement de belles choses à découvrir et tellement de gens merveilleux à rencontrer ! Ce quotidien n’est pas facile tous les jours, les grandes peines égalent les grandes joies, mais les moments de bonheur sont tellement plus nombreux. Je suis épanoui dans cette vie que j’ai choisi et je sais aujourd’hui que j’ai pris la bonne décision. Et maintenant ? Maintenant… CAP SUR LE NORD !

Ben

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